juin 11

Retour sur la présidentielle 2012 : comment les jeunes ont-ils voté ?

Le dernier numéro (n°13) du bulletin Jeunesses : études et synthèses de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) se penche sur les comportements électoraux des jeunes lors de la dernière élection présidentielle.

Rédigé par Bernard Roudet, chargé d’études et de recherche au sein de l’Injep, spécialiste des questions de comportements et de valeurs des jeunes, ce document interroge les résultats de trois sondages pour mettre en lumière les choix électoraux des 18-24 ans. Il analyse les évolutions du vote de gauche, les caractéristiques du vote de droite, sans oublier celles de l’abstention et les motivations des comportements dans les urnes.

Les jeunes électeurs de mai 2012 ont voté majoritairement à gauche, mais leurs suffrages se sont portés plus à la gauche du Parti socialiste que ceux de l’électorat total, écrit Bernard Roudet. À l’attrait pour la « gauche de la gauche » s’est opposé le vote des 18-24 ans pour Marine Le Pen, même s’il « est difficile d’affirmer que les jeunes votent davantage pour le Front national que l’ensemble de l’électorat ».

Si les choix électoraux des moins de 25 ans ne diffèrent pas catégoriquement de ceux des autres classes d’âge, il n’en est pas de même pour les motivations de leur vote : les jeunes ont exprimé un réel intérêt à l’égard des grands problèmes de société, se préoccupant plus que le reste de la population des enjeux d’éducation, de lutte contre la précarité et de protection de l’environnement. Davantage que les autres catégories d’âge, ils ont considéré le projet du candidat pour la France comme l’élément déterminant de leur choix, avant sa personnalité ou ses qualités. Intéressés par la campagne électorale, les jeunes ont décidé tardivement de leur vote, privilégiant la télévision et les discussions familiales comme moyens d’information pour faire leur choix.

Téléchargez le document – PDF

juin 05

Une enquête menée dans toute l’Europe sur l’implication des jeunes dans la société

La Commission européenne a commandé à l’institut TNS l’enquête* « Flash Eurobarometer » Jeunesse européenne: la participation à la vie démocratique, dont l’objectif principal était d’étudier l’implication des jeunes citoyens européens âgés de 15 à 30 ans dans la société, en particulier en ce qui concerne la participation aux élections européennes de 2014.

Un premier chiffre interpelle, 44% de personnes interrogées n’ont pas voté, mais seule une moitié de ces personnes ne l’a pas fait par choix. L’autre moitié de ce groupe était trop jeune pour voter. Finalement, si l’on se concentre sur  les personnes ayant l’âge minimum pour voter, 73% ont voté à une élection au cours des 3 dernières années (ils étaient 79% en 2011).

Cette tendance générale à la baisse du vote des jeunes, reflète mal un réalité très disparate entre pays. L’Italie, la Lituanie, la Finlande ou encore Malte ont connu une hausse de la participation des jeunes aux élections supérieure à 10% entre 2011 et 2013. A l’inverse, la Hongrie a connu une baisse de 28% sur la même période.

Autre information importante à l’approche des élections européennes, seul un jeune sur deux connait le processus d’élection des députés européens. Les jeunes engagés dans au moins une organisation (comme un conseil de jeune, une ONG, etc.) ont plus de probabilité d’aller voter (70%) que ceux qui ne sont pas impliqués (57%).

Lorsqu’elles sont interrogées sur les raisons d’aller voter aux élections européennes de 2014, au moins 8  personnes sur 10 iraient voter pour les élections européennes de 2014 parce qu’elles croient que la démocratie est importante, mais aussi que l’Europe et ses élections sont importantes ou encore car il s’agit, selon eux, de la bonne manière d’influencer les prises de décisions politiques.

Cependant, 64% des personnes interrogées avancent comme raison de ne pas aller voter qu’elles croient que leur vote ne changera rien. Environ 3 sur 5 qu’ils ne se sentent pas suffisamment informés pour voter, que le Parlement européen ne répond pas suffisamment aux problèmes qui les concernent ou encore qu’elles ne s’intéressent pas à l’Union européenne.

Consultez l’intégralité de cette enquête de la Commission européenne (document en anglais) – PDF

D’autres sujets y sont abordés :

• L’implication des jeunes dans des groupes ou des clubs jeunesses, que ce soit au niveau sportif, associatif ou culturel.

• La participation des jeunes aux élections locales, régionales ou nationales ;

• La connaissance des jeunes citoyens de l’UE sur les prochaines élections européennes et leur intention d’y participer ;

• La connaissance du processus d’élection des députés européens ;

• La probabilité de vote aux prochaines élections européennes en 2014 ;

• Les raisons qui expliquent pourquoi ils iront voter ou pas aux élections européennes de 2014.

Si votre collectivité est adhérente et que cette thématique vous intéresse, n’hésitez pas à contacter l’Anacej.

* : Cette enquête, commandée par la Commission européenne et la Direction générale pour l’éducation et la culture, a été mené par TNS Political & Social network dans les 27 États membres de l’Union européenne et en Croatie entre le 2 et le 19 avril 2013. Au niveau européen, 12 927 personnes âgées entre 15 et 30 ans, issues de groupes sociaux et démographiques différents, ont répondus au sondage par téléphone dans leur langue maternelle.

juin 18

Dans la peau d’un député

Les élections législatives viennent de se dérouler, mais connaissons-nous vraiment le quotidien de nos députés ?

Découvre le webdocufiction, « Jour de vote », dans la peau d’un député.

juin 14

Dimanche 17 juin, je vote

Dimanche, n’oubliez pas de participer au deuxième tour des élections législatives !

juin 01

Des vidéos pour expliquer nos institutions politiques

Curiosphere.tv, la chaine en ligne de France 5, propose un portail qui décrypte nos institutions. Ce portail a pour objectif d’offrir des sélections de vidéos et de dossiers sur l’éducation à la politique : qu’est ce qu’un président de la république ? Quel est le rôle du 1erministre ? Qu’est-ce que le pouvoir législatif ? Le portail propose également des éclairages sur les enjeux de cette année d’élections.

www.curiosphere.tv/elections

mai 09

En juin, je vote !

Les deux tours de l’élection présidentielle viennent de se dérouler. Les français (parmi lesquels les plus jeunes électeurs) se sont mobilisés et ont été très nombreux à voter.

Les élections de 2012 ne sont pas finies. Restez mobilisés et participez à l’élection du député de votre circonscription lors des élections législatives les 10 et 17 juin prochains.

Incitez au vote et continuer à relayer les outils de la campagne 2012, je vote et des adhérents de l’Anacej.

avr 18

La première fois…

Et vous, vous vous souvenez de votre première fois ? Les jeunes racontent …
Une vidéo du conseil de la jeunesse du 18è arrondissement de Paris.


Ma première fois par AnacejTV

Vidéo également disponible sur Kikavu.fr

avr 17

« Sondage » du Monde : non, les jeunes ne votent pas tous Le Pen

Mikaël Garnier-Lavalley, délégué général de l’Anacej, vient de signer une tribune parue sur Rue89.com en réaction à un sondage paru à la une du journal Le Monde il y a quelques jours.

« Sondage » du Monde : non, les jeunes ne votent pas tous Le Pen

Des « blousons noirs » aux « apaches », des « zazous » aux « grapheurs », des « sauvageons » aux « beatniks », les jeunes ont souvent fait peur. A chaque fois, une nouvelle classe dangereuse émergeait.

Ces derniers jours, en lisant les journaux, on pouvait penser que cette fois, la jeunesse tournait facho puisqu’elle allait voter Le Pen à l’élection présidentielle. Tout est partie de la Une du quotidien Le Monde du 9 avril qui titrait : « Marine Le Pen en tête chez les jeunes » qui se fondait sur un sondage publié sans notice ni échantillon. Pourtant et sans retenue, les médias et les commentateurs se sont engouffrés rapidement dans la porte en se suivant les uns les autres.

Pourquoi j’ai saisi la commission des sondages ?

Il faut dire que nous avons notre part de responsabilité. Avec l’association que je dirige, l’Association nationale des conseils de l’enfance et des jeunes (Anacej), nous avons ouvert la voie et rendu le terreau fertile.

Par deux sondages sur les primo-votants de 18 à 22 ans (en novembre 2011 et mars 2012), nous avions entre autres montré la progression de la candidate du Front national. Plusieurs médias avaient embrayé mais en rappelant que majoritairement les jeunes votaient pour d’autres candidats dont François Hollande largement premier.

L’enquête publiée par le Monde l’a été sans aucune mention d’échantillon, pourtant obligatoire. Interrogés, le journal comme l’Institut CSA ont botté en touche. Il m’a donc fallu saisir la Commission des sondages pour obtenir la notice.

On y apprend rien sur l’échantillon 18-24 ans, car l’enquête concerne en fait les 18-29 ans pour 438 personnes inscrites sur les listes électorales. La notice ne fait pas mention des caractéristiques d’une sous-partie de 18-24 ans qui est mentionnée dans les résultats d’intention de vote (servant de base à l’article).

Compte tenu de la tranche d’âge concernée (la moitié de celle des 18-29 ans), on pouvait estimer que ce sous-échantillon serait d’environ 219 personnes. Il faudra attendre la publication dans l’édition du Monde de ce mardi d’un rectificatif (voir ci-dessous) pour apprendre que finalement il était de « moins de 200 personnes ».

Cet échantillon est trop faible pour en tirer une analyse fiable. C’est ce que n’a pas fait le journal et c’est pourquoi j’ai saisi la commission des sondages. Et seul Le Monde a été obligé de publier un rectificatif (en page 7 et non en une, en page 2 ou 3 où se trouvaient pourtant les articles concernés).


Rectificatif paru dans Le Monde en page 7

Les jeunes ne votent pas majoritairement Le Pen

Car de l’analyse rapide à la généralisation, il n’y a eu qu’un pas que la plupart des médias audiovisuels et presse écrite ont effectué en courant. Il nous faut néanmoins rappeler une évidence que toutes les enquêtes ne démentent pas : les jeunes ne votent pas majoritairement Marine Le Pen, loin de là. Au maximum la candidate du FN serait à 23-25%, soit un quart de la population concernée. Les trois autres quarts ne voteraient donc pas pour elle. C’est suffisamment clair pour ne pas devoir rappeler cette évidence.

Loin de nous l’idée de vouloir casser le thermomètre, juste de remettre quelques pendules à l’heure. Cette situation est néanmoins préoccupante, revenons y un instant. Comment des jeunes peuvent voter Le Pen ?

  • première explication : les jeunes n’ont pas le même passé et nombreux sont parmi les nouveaux électeurs, ceux qui n’ont pas connu le père de Marine Le Pen et ses excès. Elle apparaît aujourd’hui en dehors du système, parle vrai, sans s’embarrasser des contraintes de ses concurrents et incarne une certaine modernité : indépendante, divorcée et sans tabou.
  • deuxième explication : la rupture entre les jeunes et les hommes et femmes politiques est ancienne. Comme le montrent nos enquêtes, les jeunes s’intéressent à la politique mais se montrent très critiques vis-à-vis de la campagne pour l’élection présidentielle. S’ils sont prêts à s’engager et à donner du temps pour des causes, ils rechignent à distribuer des tracts ou à financer les partis.

Quelques pistes pour sortir du vote Le Pen

Ces résultats nous interpellent à double titre : d’abord sur la capacité d’agir des hommes et des femmes politiques, ensuite sur la perception des discours et l’image des politiques.

La capacité d’agir. Si Le Pen fille donne l’impression de pouvoir répondre aux aspirations de certains jeunes, c’est qu’ils ont l’impression que personne n’agit sur leur situation qui n’est pas bonne, loin sans faut. La situation sociale des jeunes se détériore depuis déjà un moment.

Le taux de pauvreté augmente (10,9% chez les 18-29 ans contre 7,5% pour l’ensemble de la population) et la présence des nouvelles générations dans les permanences de soins de Médecins du monde ou des accueils du Secours catholique ou du Secours populaire interpellent fortement. Car la précarité est ce qui se partage le mieux chez les jeunes. L’entrée dans le travail se fait avec des contrats précaires et rarement à temps plein.

Bien sûr, plus le diplôme est élevé, plus vite la stabilité arrive. Néanmoins et alors qu’ils sont en situation de faiblesse, les jeunes ne bénéficient d’aucun filet de sécurité. Répondre à cette détérioration de leurs conditions de vie et leur offrir des perspectives devraient être la priorité des décideurs publics. La confiance ne pourra pas se faire sans une amélioration claire de ce côté.

Celle-ci passera également par la restauration du dialogue avec les jeunes notamment en rénovant notre système politique. Prenons des mesures qui permettent d’envoyer un signal fort à même de réenchanter la politique : suppression strict du cumul des mandats, limitation dans le temps, diversité et présence de toutes les générations dans les espaces de décisions etc.

Par ailleurs, notre expérience de la participation des enfants et des jeunes dans des instances de démocratie de proximité nous permet d’affirmer qu’en développant du débat et des rencontres dans et hors l’école nous améliorons le dialogue et la perception de la politique. La question de la socialisation politique des jeunes est importante pour permettre à chacun de comprendre, de se situer et de faire des choix.

Le vote des jeunes en faveur de Marine Le Pen n’est pas une fatalité. Il mérite notre attention et doit passer par un rappel : celui que les jeunes, quels qu’ils soient, font partie de notre société. A mesure de ne pas les prendre en compte ou de les laisser de côté, ils n’en ont pas toujours conscience. Les sondages sont des indicateurs importants mais c’est au politique d’agir. Et vite.

La tribune sur Rue89.com

avr 12

Une cérémonie de remise de la carte d’électeur à Villejuif (94)

© Ville de Villejuif

Samedi 24 mars, une centaine de jeunes villejuifois ont répondu présents à l’invitation du maire et des élus à venir retirer leur toute première carte d’électeur lors d’une cérémonie organisée en salle du Conseil municipal de la mairie de Villejuif. Steve qui a eu 18 ans l’année dernière est venu accompagné de deux amis «j’ai reçu une lettre de Mme le Maire qui m’invitait à venir chercher ma carte. C’est bien de nous la remettre lors d’une cérémonie, cela nous fait prendre conscience qu’il est important de voter».

Citoyen actif. Chryssie, Étienne et Miguel, attendent patiemment la prise de parole des élus «On est venu alors forcément on est curieux de savoir ce qu’ils vont nous dire !» À la question «allez-vous vous servir de votre carte ?» Ils répondent fièrement «oui !». «Voter c’est un droit et un devoir !» ajoute Étienne. Qu’ils s’intéressent un peu, beaucoup, ou pas du tout à la politique, tous connaissent les dates des prochaines élections présidentielles et comptent bien déposer leur vote dans l’urne. «Voter permet aux citoyens d’exprimer leur volonté» commence Dominique Girard, adjoint au maire chargé de la jeunesse. «Merci à tous de vous être déplacés» adresse-t-il à l’assemblée. «Cela fait de vous des citoyens actifs. Ne pas voter c’est laisser d’autres choisir à votre place. Votez, votez, votez qui vous voulez mais selon vos valeurs, votre conviction, votre cœur et votre intelligence». «Le vote est magique», continue Claudine Cordillot, maire de Villejuif. «La politique c’est écouter son cœur, son envie, ses aspirations, c’est réfléchir et pouvoir se prononcer».

Un grand pas. Aux côtés des élus se tenaient les membres du Conseil local de la jeunesse. «La carte électorale est un pas vers la citoyenneté mais d’autres pas peuvent se faire avant !» disent-ils. Rejoindre le Conseil local de la jeunesse fait partie de l’engagement citoyen. Ce soir Mazarine, Junior et Alexandre, respectivement âgés de 16, 14 et 17 ans, envient les jeunes majeurs : «ils vont pouvoir voter et choisir un président, pas nous !».

«La soirée était intéressante et utile», confie Joanna. «J’avais hâte d’avoir ma carte d’électeur et je vais m’en servir ! Être citoyen c’est aussi avoir des responsabilités dans une société».

Adulte. Voter, un devoir, un pouvoir ! C’est ce qu’annonçaient les personnalités présentes dans le petit film projeté à la suite du discours. Après avoir récupéré leur carte électorale, les jeunes sont allés à la rencontre des élus pour faire signer le livret du citoyen qui leur a aussi été remis lors de cette soirée. «C’est bien de voir le maire et les élus en chair et en os plutôt que sur une photo dans la ville !» nous livrent Riwad, Tony et Jonathan, le livret du citoyen à la main. Tous les trois ont trouvé la cérémonie instructive et réalisent que dans 29 jours ils vont voter «avec le droit de voter, on se sent plus grand, plus adulte».

Haïda, Nadia et Naïma attendaient leur carte d’électeur avec impatience. «On va s’en servir c’est sûr ! C’est important». Les trois jeunes filles ont été touchées par le discours du maire «c’était très bien. Elle a parlé du droit de vote en faveur de ceux qui n’ont pas la nationalité française et elle a rappelé que les citoyens ont des droits et des obligations et qu’ils sont libres et égaux».

Cette cérémonie aura aussi été l’occasion de présenter aux jeunes les dispositifs portés par l’Espace jeunesse. Anthony, étudiant à l’Efrei signait d’ailleurs en même temps que les autres jeunes retiraient leur carte d’électeur son Contrat de réussite solidaire (CRéS). Un engagement avec la municipalité qui lui permet d’obtenir une aide pour partir deux mois en Malaisie dans le cadre de ses études.

Source : jeunes.ville-villejuif.fr

avr 09

La campagne “2012, je vote” à Figeac

© Ville de Figeac

L’espace jeunes de la ville de Figeac (46) a profité du festival de musique reggae « Roots dans la Vallée » pour rappeler les prochaines échéances électorales et inciter les 800 spectateurs à se rendre aux urnes. Lors de cette soirée qui a vu se succéder 4 groupes, l’espace jeunes a tenu un stand aux couleurs de la campagne 2012, je vote et est allé à la rencontre du public.

Pour Guillaume Baldy, conseiller municipal de Figeac, qui a participé à cette initiative, « parler de politique ou de devoirs citoyens lors d’un moment festif contribue à démystifier l’action politique auprès des jeunes. »