mai
28

« Des idées pour une Europe meilleure » : retour sur l’European Youth Event!

EYE parlementDu 9 au 11 mai 2014, 5 000 jeunes, âgés de 16 à 30 ans, venus de toute l’Europe, ont posé leurs valises à Strasbourg , capitale de la jeunesse européenne pour le week-end. Conviés par le Parlement Européen, ils étaient là pour débattre et proposer leurs « idées pour une Europe meilleure » lors de l’European Youth Event (le « EYE »). Retour sur trois journées hautes en couleurs !

EYE PAVUn rassemblement des organisations européennes de jeunesse : la Ligue des Jeunes Electeurs était présente

Aux premières loges du Yo !Village, le stand de la Ligue des Jeunes Électeurs – auquel participaient le Cnajep, l’Anacej et les Céméa – a vu défiler de jeunes européens de plusieurs pays. Venus se confronter au quizz sur l’Europe (avec bonbons à la clé pour les vainqueurs !), ils ont répondu dans la joie et la bonne humeur aux questions sur le fonctionnement, les symboles et les personnalités de l’Union Européenne.

Ambiance studieuse à l’intérieur du Parlement…

Plus de 200 ateliers et séminaires étaient organisés dans les bâtiments même du Parlement, articulés autour de cinq grandes thématiques : le chômage des jeunes, la révolution numérique, l’avenir de l’Union Européenne, la durabilité et les valeurs européennes. De nombreux intervenants, dont des députés européens, étaient présents pour animer les débats et apporter des réponses aux questions des jeunes. A noter : l’accent mis sur l’interactivité en continu pendant le forum grâce au #EYEStream qui diffusait en permanence les tweets !

EYE LYV

…et plus décontractée sur le parvis !

A l’extérieur du Parlement, le Yo ! Fest, organisé par le Forum Européen de la Jeunesse, a rythmé les journées des participants : concerts, démonstrations de cirque, initiation au roller, ateliers créatifs, débats parallèles… Sans compter sur la trentaine de stands des organisations européennes de jeunesse, proposant animation en tout genre et goodies à gogo ! Le tout bien orchestré par les 240 volontaires strasbourgeois, sans oublier les Jeunes Agriculteurs du 67 venus en renfort pour régaler tout ce petit monde !

EYE clotureDes idées qui devraient se concrétiser à l’avenir

Devant un hémicycle plein à craquer lors de la cérémonie de clôture, les participants ont pu revenir sur les idées principales qui ont émergé pendant ces 3 jours de réflexion. De jeunes journalistes présents à tous les débats ont désormais la lourde tâche de les compiler pour rédiger un rapport qui sera présenté lors de la première session plénière de juillet aux nouveaux députés européens.

Plus d’informations sur le site du Parlement Européen.

Vous pouvez également explorer le Laboratoire d’idées de l’EYE2014 et retrouver le hashtag #EYE2014

mai
27

Européennes 2014 : non, les jeunes ne votent pas en masse pour le FN !

photo jeune aime politiqueAu lendemain des résultats des élections européennes, nous entendons partout que les jeunes auraient voté en majorité pour le Front National. Nous pensons le sujet trop important pour nous contenter de phrases chocs qui feraient passer les jeunes pour les principaux responsables du score du FN.

Nous voulons éviter les raccourcis. Reprenons les chiffres du sondage Ipsos-Steria[1] réalisé à la veille du vote, sur lesquels se basent tous les médias et essayons de comprendre ce qu’il en est réellement. 27% des jeunes de 18 à 35 ans seraient allés voter dimanche dernier. 30% d’entre eux auraient voté Front National, c’est à dire que 8 jeunes inscrits sur 100 auraient choisi le parti de Marine Le Pen. Il nous apparait donc choquant de lire et entendre partout que 30% des jeunes auraient voté FN…

Il faut également noter que selon le même sondage, 41% des 35-59 ans seraient allés voter et que 27% de cette tranche d’âge auraient choisi le FN, soit 11 électeurs sur 100

Si ces chiffres restent inquiétants, nous pensons que la question importante à nous poser serait : pourquoi 73 jeunes sur 100 ne se sont pas déplacés pour ce scrutin ? Pour répondre à cette interrogation et trouver des solutions, l’Anacej[2] a lancé, en partenariat avec CivicPlanet, une grande étude scientifique au moment des élections municipales et européennes. Menée sous la direction de Michael Bruter, de la London School of Economics, cette étude est réalisée auprès de 2000 jeunes pour explorer leur rapport à la démocratie électorale, leurs attentes et leurs craintes, leurs attitudes vis à vis de plusieurs initiatives pouvant modifier l’organisation des élections…L’objectif de cette enquête n’est pas tant de savoir pour qui les jeunes votent, mais pourquoi ils le font ou ne le font pas, et permettre ainsi de trouver les moyens à mettre en oeuvre pour améliorer le fonctionnement démocratique.

Selon les premiers résultats de l’enquête, l‘abstention des jeunes s’expliquerait en grande partie par une défiance vis à vis des hommes politiques

L’enquête confirme une hypothèse de départ : les jeunes se préoccupent vraiment de la politique, ils parlent des élections entre eux et cherchent des conseils auprès de leurs familles. Cependant, ils sont extrêmement critiques vis à vis du personnel politique et des jeux partisans. Ainsi, pour les jeunes interrogés, les principales causes de l’abstention ne sont pas à chercher du côté des électeurs mais du côté de l’offre politique : pour 71% d’entre eux, les mensonges des hommes politiques sont la première raison qui explique l’abstention, suivie par le décalage entre la campagne électorale et leurs préoccupations réelles (45%).

Le recours au référendum et aux débats dans les écoles pour améliorer la démocratie et la participation

Alors comment remédier à cette situation ? En ce qui concerne les moyens institutionnels, les jeunes placent en tête un plus grand recours aux référendum (61%) et l’organisation de débats à l’école pendant les élections (58%). Ils sollicitent également l’autorisation du vote à l’avance (avec des bureaux de vote ouverts jusqu’à deux semaines avant le jour officiel du scrutin) et l’institutionnalisation de sites où les partis annoncent leurs préférences officielles sur un certain nombre de questions, pour permettre à chacun de se positionner. Les autres possibilités (vote par internet, quotas de jeunes sur les listes, vote obligatoire, vote a 16 ans, etc) arrivent loin derriere.


[1] Sondage veille du vote –Ipsos/Steria pour France Télévisions, Radio France, Le Point, LCP Public-Sénat, France 24

mai
05

Le projet allemand U18 : simuler les élections pour sensibiliser les moins de 18 ans à la citoyenneté

Doit on attendre d’avoir 18 ans pour s’intéresser à la politique ? Pour les porteurs du projet U18 en Allemagne, plus la sensibilisation commence tôt, plus les jeunes auront de facilités à s’approprier les dispositifs électoraux : c’est pourquoi ils ont mis en place des simulations d’élections pour les moins de 18 ans.

Un projet d’éducation civique et de pédagogie aux élections

U18, pour Kinder und Jugendwahl U18, est un projet d’éducation à la citoyenneté permettant aux jeunes de moins de 18 ans d’exprimer leur opinion politique grâce à une simulation d’élection, neuf jours avant les élections réelles. Toutes les conditions d’une élection sont mises en place : isoloirs, bulletins de vote et urnes sont installés dans les structures qui se sont inscrites comme bureau de vote.

Grâce à un travail pédagogique d’éducation civique en amont mené dans les centres de jeunes, les écoles et autres organisations partenaires, les jeunes citoyens sont amenés à comprendre ce qu’est la politique, à appréhender de façon critique les promesses électorales, à identifier et savoir différencier les partis, ainsi qu’à discuter de leurs opinions.

Intéresser les jeunes à la politique : une expérience réussie en Allemagne

L’idée de cette élection pour les jeunes est née en 1996 dans un club de jeunes de Berlin et s’est progressivement étendue à tous les niveaux de scrutin allemands (communal, régional et fédéral), jusqu’à rassembler près de 200 000 enfants et adolescents lors des dernières élections parlementaires de 2013.

Une grande première au niveau européen en 2014

Le succès de cette initiative à l’échelle nationale a ainsi donné des ailes au projet : les moins de 18 ans vont ainsi pouvoir s’exprimer dans le cadre des élections européennes de cette année, le 16 mai 2014,  soit neuf jours avant les élections officielles. Dépassant les frontières, le réseau U18 s’associe avec différents acteurs européens, en France, en Espagne et en Pologne. Le vote se déroulera simultanément dans toutes les communes impliquées dans le projet. Toutes les structures accueillant des jeunes (écoles, clubs de jeunesse, centres pour enfants et jeunes, associations sportives, etc.) peuvent s’inscrire comme bureau de vote sur le site, afin de participer à cette initiative.

Une phase de préparation aura lieu en amont du scrutin, avec de nombreuses actions pédagogiques, notamment un échange entre de jeunes berlinois et d’autres villes européennes participantes au projet. Cette expérience sera l’occasion pour les jeunes de débattre des différences et des similarités de politiques entre leurs pays et sur les perspectives concernant la jeunesse en Europe.

Retrouvez toutes les informations sur le site : www.u18.org

avr
26

Le Comité Jeunes de l’Anacej s’associe au Conseil Lillois de la Jeunesse dans sa campagne de sensibilisation aux élections européennes

A l’occasion des élections européennes du 25 mai 2014, le Conseil Lillois de la Jeunesse a lancé une campagne de sensibilisation aux élections européennes, intitulée : « Des visages, une Europe ». Chaque semaine, les membres du conseil publient la vidéo d’un jeune européen. Face caméra, il se présente et soutient le vote aux européennes. Le Comité Jeunes de l’Anacej s’est également associé à l’initiative. La preuve en image avec Candice :

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Retrouvez toutes les vidéos sur la page facebook « Européennes 2014, je vote! et toi? »

avr
24

Pourquoi faut-il absolument aller voter le 25 mai aux élections européennes ?

La réponse est dans cette vidéo du Secrétariat Général aux Affaires Européennes en collaboration avec Toute l’Europe !

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avr
04

Les premiers résultats de l’enquête : 55% d’abstention chez les jeunes aux élections municipales, mais pourquoi ne vont ils pas voter?

Au lendemain des élections municipales, les premiers résultats de l’enquête lancée par l’Anacej en partenariat avec Civicplanet montrent que 55% des jeunes de 18 à 25 ans ne sont pas allés voter au premier tour des municipales (dont 7% liés à des problèmes d’inscription sur les listes électorales) : c’est bien plus que la moyenne nationale qui s’établit à 36,4%. Cette première enquête qui concerne 1002 primo-votants âgés de 18 à 25 ans, cherche à comprendre pourquoi les jeunes ne se sont pas déplacés aux urnes et ce qui pourrait bien les remotiver à le faire.

L’abstention des jeunes expliquée en grande partie par une défiance vis à vis des hommes politiques

L’enquête confirme une hypothèse de départ : les jeunes se préoccupent vraiment de la politique, ils parlent des élections entre eux et cherchent des conseils auprès de leurs familles. Cependant, ils sont extrêmement critiques vis à vis du personnel politique et des jeux partisans. Ainsi, pour les jeunes interrogés, les principales causes de l’abstention ne sont pas à chercher du côté des électeurs mais du côté de l’offre politique : pour 71% d’entre eux, les mensonges des hommes politiques sont la première raison qui explique l’abstention, suivie par le décalage entre la campagne électorale et leurs préoccupations réelles (45%).

Le recours au référendum et aux débats dans les écoles pour améliorer la démocratie et la participation

Alors comment remédier à cette situation ? En ce qui concerne les moyens institutionnels, les jeunes placent en tête un plus grand recours aux référendum (61%) et l’organisation de débats à l’école pendant les élections (58%). Ils sollicitent également l’autorisation du vote à l’avance (avec des bureaux de vote ouverts jusqu’à deux semaines avant le jour officiel du scrutin) et l’institutionnalisation de sites où les partis annoncent leurs préférences officielles sur un certain nombre de questions, pour permettre à chacun de se positionner. Les autres possibilités (vote par internet, quotas de jeunes sur les listes, vote obligatoire, vote a 16 ans, etc) arrivent loin derriere.

Le vote, toujours perçu comme un acte important de la vie citoyenne

Paradoxalement, les jeunes expriment des sentiments positifs à l’égard des bureaux de vote et de l’isoloir : ils sont attachés au maintien du vote comme un rituel démocratique, et souhaiteraient même avoir la possibilité de voter dans le bureau de vote de leur choix, plutôt que de voter par internet ou par correspondance. 58% des jeunes se sont senti émus lors de leur premier vote et 77% l’ont vécu comme un moment important de leur vie. Ils associent ainsi leur « première fois » électorale à des sentiments comme la fierté, l’excitation ou le bonheur. Si 64% se sont sentis plus proches de leurs concitoyens en votant pour la première fois, le vote demeure cependant une expérience difficile pour une minorité de jeunes qui ne « se sentent pas à leur place » ou « éprouvent du dégout ».

Une orientation politique proche de celui du reste de la population

Enfin, en ce qui concerne les choix politiques, les jeunes restent très proches du reste de la population, avec cependant un vote pour les listes sans étiquette, divers gauche et divers droite largement au dessus de la moyenne nationale, les votes Vert et FN légèrement au dessus, et les votes PS, UMP et Front de Gauche légèrement en deçà de la moyenne nationale.

La seconde vague de l’enquête sera réalisée pour les élections européennes et les résultats finaux seront présentés à l’Assemblée Générale de l’Anacej le 25 juin prochain à Montpellier, ainsi qu’au Congrès à Villeurbanne en octobre 2014. Affaire à suivre !

Pour plus d’informations : le site de 2014, je vote et la page Facebook dédiée.

Retrouvez également l’interview de Frédérick Pairault, délégué général de l’Anacej, sur le Mouv’ (121′) et celle de Marie Pierre-Pernette, déléguée générale adjointe, sur le Mouv’ également. (62’38) Ainsi que l’article du Parisien « Municipales 2014 : les jeunes boudent les urnes »

avr
03

La Ligue des Jeunes Electeurs est lancée !

Ligue des jeunes électeursLe Cnajep lance la Ligue des Jeunes Electeurs, une campagne qui vise à mettre en avant les préoccupations et les attentes des jeunes dans la perspective des élections européennes du 25 mai prochain. Le lancement de cette campagne intervient au lendemain d’élections municipales qui ont enregistré une abstention record et une poussée importante de l’extrême droite, symptômes d’une démocratie en mal de confiance.

Parler d’Europe

Cette situation est d’autant plus inquiétante à l’approche d’élections européennes qui ont été marquées lors des précédents scrutins par un très faible taux de participation, notamment des jeunes, et par une forte audience des discours anti-européens et eurosceptiques. Les premières estimations de vote qui sont parues tendent à confirmer ces tendances.

Dans ce contexte, la Ligue des Jeunes Electeurs vise à informer les jeunes sur l’Union européenne, son histoire, son projet, son rôle, son fonctionnement. Ce travail de sensibilisation doit permettre aux jeunes électeurs de disposer de repères pour déconstruire les fantasmes et les démagogies qui entourent l’Europe, et de découvrir qu’il y a d’autres voix que celles de l’abstention et de la contestation : celle de la construction par le vote d’une Europe citoyenne et sociale.

Parler aux jeunes, parler des jeunes

Pour que les jeunes se sentent concernés par les élections européennes, il faut qu’ils puissent faire entendre leur voix et que cette parole trouve un écho dans les débats et dans les programmes des candidats. La frustration et le malaise des jeunes résultent en effet pour une grande part de leurs difficultés à avoir prise, individuellement et collectivement, sur leur avenir et celui de la société.

Dans cette perspective, la Ligue des Jeunes Electeurs propose aux jeunes d’interpeller les candidats aux élections européennes et de les rencontrer afin de les interroger sur leurs ambitions pour l’Europe et pour la jeunesse. Cette démarche vise ainsi à favoriser la prise en compte des questions de jeunesse dans la campagne électorale et à obtenir des engagements des futurs eurodéputés en faveur des jeunes.

Présentation de la Ligue des Jeunes électeurs

La Ligue des Jeunes Electeurs est la branche française de la campagne européenne League of Young Voters, coordonnée par le Forum européen de la Jeunesse. Cette campagne est animée en France par le Cnajep (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire), en association avec l’ANACEJ (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes) et les CEMEA (Centres d’Entrainement aux Méthodes d’Education Active).

Cette campagne s’articule autour de trois axes :

  • des actions d’information, de sensibilisation et de mobilité pour aller à la rencontre d’autres jeunes européens ou des institutions européennes ;
  • des actions d’interpellation et de rencontre entre les jeunes et les candidats à l’élection européenne ;
  • des actions d’observation des pratiques et des comportements électoraux des jeunes

Plus d’informations sur le site de la Ligue des jeunes électeurs

avr
01

Le Prêt à voter ? présenté au Conseil Régional Rhône-Alpes

PAV visuelAprès Strasbourg, Lille, Amiens et Arras, l’Anacej présentera le Prêt à voter ? au Conseil Régional Rhône-Alpes le samedi 19 avril.

A moins de deux mois des élections européennes, cet outil est destiné à tous les citoyens pour comprendre comment fonctionnent les institutions, afin d’être un-e citoyen-nne averti-e. Cet ensemble de carnets permet d’appréhender simplement qui fait quoi à quel niveau et les procédures d’élection spécifiques : député européen, Président de la République, députés nationaux, conseillers généraux et régionaux ainsi que les maires et les élus communautaires.

Rendez-vous sur twitter (suivre @anacej), la page Facebook 2014, je vote et le site je-vote.fr pour plus d’actualités sur ces outils, la campagne et des infos sur le vote. Et pour en savoir plus, toujours d’actualité, le cahier de l’Anacej spécial “Le vote et les jeunes”

mar
26

Le Mouv’ invite l’Anacej pour parler des jeunes et du vote!

Le-Mouv-logoLundi 24 mars, Marie-Pierre Pernette, déléguée générale adjointe de l’Anacej, et Candice Dziejahk, du Comité Jeunes, étaient les invitées du 7-9 du Mouv’ à la Maison de la Radio. Au lendemain du premier tour des élections municipales, elles répondent aux questions de François Sauvestre et Aurélie Champagne et abordent l’enquête menée par Civicplanet sur la perception du vote par les jeunes.

Vous pouvez réécouter leur intervention sur le site du Mouv’. (à partir de 62’38)

mar
22

« Les jeunes ne sont pas apathiques »

Michael Bruter.

Crédit Photo : Christian-Lionel Dupont

Rencontre avec Michaël Bruter, professeur de science politique à la London School of Economics et qui mène l’enquête pour l’Anacej sur les jeunes et leur rapport au vote.

Comment se déroule l’enquête ?

En pratique il y a en fait une double enquête : un panel de 750 jeunes de 15 à 17 ans, et un autre de 1000 jeunes de 18 a 25 ans. Les jeunes sont recrutés sur la base de la représentativité de leurs foyers (car c’est la population pour laquelle nous avons des données exactes sur la population réelle).

L’enquête se déroule en ligne, ce qui est un des modes les plus largement acceptés par la communauté scientifique pour les jeunes. Ce moyen est préférable au téléphone car de nombreux jeunes n’ont pas de ligne fixe et sont difficile à approcher en personne. C’est particulièrement le cas des 18-25 ans qui habitent souvent dans des résidences partagées (exemple cités u, appartements en colocation, etc) ou peuvent ne pas se trouver à la même adresse en semaine et le weekend par exemple.

Quand les résultats seront-ils publiés ?

L’enquête a lieu en deux vagues : une première vague menée au soir du premier tour des municipales 2014 (le 23 mars), et une seconde vague dans les 10 jours précédant les élections européennes (donc la semaine du 19 mai). Nous travaillons avec l’idée de fournir des premières indications globales sur la première vague avant le deuxième tour des municipales. Cependant, cela dépendra de la rapidité du travail terrain et de la structure des données récoltées donc nous ne saurons le calendrier exact qu’au dernier moment. De même, nous espérons présenter des indications générales sur la deuxième vague juste avant les Européennes mais l’analyse affinée ne suivra qu’en juin quand nous aurons eu le temps d’analyser le détail des données.

Sur quoi les questions portent-elles ?

Là, on garde un peu d’effet de surprise ! Il y a des questions sur ce que les élections représentent pour les jeunes, la manière dont ils les découvrent, leurs espoirs et craintes vis-a-vis de la démocratie électorale, leur vision de l’abstention, leur perception du discours politique et de ce qui pourrait les pousser à voter, leur évaluation de plusieurs solutions possibles à la crise de participation actuelle.

En quoi cette enquête est elle importante et novatrice dans le contexte actuel ?

L’enquête est importante à l’heure actuelle parce que les générations successives n’ont jamais cessé de participer moins que les précédentes, et il s’agit là de vrais effets générationnels. En particulier, le travail de Sarah Harrison et moi-même a confirmé que les jeunes qui s’abstiennent les deux premières élections de leur vie risquent de devenir des abstentionnistes chroniques. Il s’agit donc de trouver des moyens de les amener vers les urnes au tout début de leur vie civique. De plus, un des aspects très innovants de cette enquête auquel nous avons tenu, a été d’essayer de comprendre des mécanismes politiques et psychologiques plus profonds que la norme des enquêtes habituelles, c’est à dire essayer de comprendre la cause des comportements politiques plutot que leur simple expression. Le volet visant à tester un nombre de solutions potentielles est aussi curieusement inhabituel.

Quel est votre point de vue sur l’évolution de la participation des jeunes aux élections ?

Il y a une vraie difficulté à caractériser la crise actuelle entre des médias et de nombreux commentateurs qui parlent d’apathie et beaucoup d’entre nous notamment dans la communauté scientifique qui pensent que les jeunes sont cyniques mais pas apathiques et qu’il y a donc une vraie responsabilité des élites politiques et sociales qui les déçoivent ou ne répondent pas a leurs préoccupations fondamentales. Cependant, attendons les résultats de notre enquête pour vous en dire plus.

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